Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Le Manège - Théatre Montparnasse

medium_affiche_manege_petite.2.jpg
La deuxième pièce de Florian ZELLER - Le Manège - à été joué au Petit Montparnasse du 28 janvier 2005 au 26 mars 2005.
Mise en scène : Nicolas Briancon
Avec : Nicolas Vaude, Nicolas Briancon, Marine Delterme et Anne Charrier.

Les formules de politesse sont dangereuses : il nous arrive par exemple de dire à ceux que nous recevons de faire "comme chez eux". "Le Manège" est justement l'histoire de Nicolas qui prend cette proposition au premier degré et qui s'invite dans le salon de la femme qu'il a aimée...

Commentaires

  • Marine Delterme : le manège enchanté
    2005, année extatique. Héroïne du “Manège”, de Florian Zeller, sur la scène du Petit Montparnasse, vedette de la série télé “Le juge est une femme”, mère comblée et incurable amoureuse, cette femme a tout. Et en plus, elle sculpte. Lumière !

    Elle a un regard clair taillé en amande qui emprisonne la lumière, singulier, magnétique, un regard qui, dans le noir, pourrait bien devenir phosphorescent à la manière des chats et des panthères, celui probablement de la fée Morgane à l’instant où la Dame du lac entraîne les hommes sur son île d’Avalon.

    Elle a une silhouette fluide et les cheveux au vent, comme si elle venait de prendre un galion d’or à l’abordage. D’habitude, Marine Delterme se contente d’être belle. Aujourd’hui, elle est resplendissante. “ C’est l’année de tous les changements... ” Et, de toute évidence, des changements heureux. Changements d’abord dans sa vie privée, mais qu’il serait indiscret de lui faire évoquer, et puis retour au théâtre après huit ans loin des planches, ce qui la comble infiniment.

    À partir du 28 janvier, elle joue “ le Manège ” au Petit Montparnasse, avec Nicolas Vaude et Nicolas Briançon, qui en assure aussi la mise en scène : une pièce de Florian Zeller, jeune écrivain couvert de prix, qui, à la rentrée dernière, a fait sensation avec sa première pièce, “ l’Autre ”. Elle parle vite comme si elle avait besoin d’exprimer un trop-plein d’émotion, elle se livre avec une authenticité minutieuse et quasi inflexible, elle a des remarques inattendues en constatant, par exemple : “ Le Petit Montparnasse est le seul théâtre qui s’adosse à un cimetière. Il m’arrive de visiter des cimetières, en quelque sorte par curiosité professionnelle. ”
    Puisque, actrice, elle est aussi sculptrice et que les morts reposent parfois sous des stèles somptueusement ornementées.

    Dans “ le Manège ”, elle est une femme “ qui ne sait pas dire non et qui se laisse envahir par son ex-amant, qui, lui ayant demandé de l’héberger un soir, ne veut plus partir. C’est une pièce à la fois grave et légère, qui possède une très séduisante élégance anglo-saxonne ”. Après avoir beaucoup travaillé au cinéma et à la télévision (où elle tient la vedette dans la série “ Le juge est une femme ”), elle retrouve le théâtre avec un bonheur sans mélange.

    “ Étant un peu obsessionnelle sur les détails, je suis dans mon élément au théâtre parce que les répétitions permettent inlassablement de chercher, de creuser plus profond. Naturellement impatiente, je prends pour le coup du plaisir à prendre mon temps. Le jeu n’est pas une réflexion, on laisse couler les choses, on laisse aller son inconscient. ”

    Elle dit aussi, en quête de métamorphose : “ Plus j’avance et plus je me sens libre. Avant, j’avais peur de la vie, je me sentais bridée. Maintenant, j’ai acquis une certaine confiance, je me suis fortifiée. Disons que, aujourd’hui, j’ai moins peur de perdre... ” Et de perdre quoi ? “ Tout ! Désormais, je suis moins ébranlée par les échecs. Grâce à la sculpture (NDLR : elle a tenu la première exposition de ses œuvres en novembre 2002 et prévoit la prochaine pour septembre 2005), je suis moins minée par l’aliénation du métier d’acteur, où l’on dépend du désir d’un metteur en scène, d’un producteur. J’essaie de vivre ce qui m’arrive avec une vraie joie, d’être à l’écoute des autres et de les tirer vers le haut, et puis d’exprimer ce que je ressens, y compris la contrariété, avec le sourire. ”

    En toutes choses, elle n’écoute que son instinct : “ Il est impossible de raisonner pour construire sa vie. ” Elle a un petit garçon de six ans, Gabriel, et nul doute que sa maternité l’aura aidée à mûrir et à s’épanouir. Elle confie que rien n’est plus beau que ces comédiennes de théâtre qui jouent sans limite d’âge, puisque la scène offre une partition de rôles incomparable. On lui fait remarquer que, quand même, il est étonnant qu’elle puisse, de la sorte, se projeter en vieille dame. Elle se récrie avec un rire : “ Rien ne presse, évidemment ! ”

    Ses certitudes ? Elle n’en a qu’une, probablement : “ C’est peut-être l’amour. Je ne peux pas être seule, contrairement à certaines femmes. En dehors de l’amour, je n’ai aucune relation forte. J’ai besoin de protection, de partage, et l’élément masculin m’aide à être en paix. En fait, je crois que l’amour est le centre de ma vie. ” On a le sentiment que, se cherchant sans cesse, elle s’évade à la seconde même où elle est le plus sincère. Elle fait penser à la phrase de Jean Giono : “ Quand les mystères sont très malins, ils se cachent dans la lumière. ”

    Source: Le Figaro Madame / Par Christian González

  • Pour quelles raisons les questions, réponses, remarques autour de Florian Zeller dans l'émission de Thierry Ardisson et de sa copine démentent les critiques émisent sur ce blog ? Une exagération de l'amour de son couple, le fait qu'ils retournent chez eux en amoureux comme un homme sérieux qui ne va pas dans les soirées VIP etc...

  • Pour information, je n'ai fait que donner mon avis, tu aurais du préciser "forum de compliments" et je ne m'y serais pas inscrite. Bon courage à vous tous !

  • Pour quelles raisons internaute faites-vous de la promo pour le manège enchanté ?

  • J’ai beaucoup aimée la pièce « L’Autre » de Florian Zeller, excellent auteur. La pièce est très drôle et très réaliste. Mathieu Bisson, Cloé Lambert et Aurélien Wiik jouent avec beaucoup de talents.

    J’ai été particulièrement touchée par le jeu d’Aurélien Wiik.

    Aurélien Wiik n’a pas fini de nous faire craquer parce que :

    - Il n’a que 23 ans et a commencé aux cotés de François Dunoyer en jouant un garçon qui se prenait pour Arsène Lupin dans «Le masque de jade». La gentleman attitude, ça ne s’invente pas.

    - Il a des origines norvégiennes. «Wiik» signifie «petite crique». On ferait bien crique-crac avec lui.

    - Il a une sensibilité à fleur de peau et n’oubliera jamais les moments passés avec Marie Trintignant : « On a vécu dans une bulle avec de longues plages de silence. Anne Théron a su capter l’essentiel : des êtres qui se regarde droit dasn les yeux sans faux-semblant. »

    - Il adore les White Stripes, Lisa Ekdahl et Robert De Niro. Aurélien a bon goût.

    - A l’automne, il sera à l’affiche d’ « Arsène Lupin » avec Romain Duris. Cette fois, il jouera le fils d’Arsène Lupin. LA boucle est bouclée !

    « L’autre » de Florian Zeller. Mise en scène de Annick Blancheteau. Avec Mathieu Bisson, Chloé Lambert, Aurélien Wiik, à partir du 18/01.
    Oscar Wilde disait que le couple, c'est de ne faire qu'un. Oui, mais lequel? Et si c'était encore un autre? Dans une oscillation entre le rire et le drame, l'AUTRE raconte comment l'amour se brise sur la vie quotidienne. Faut-il, pour vivre ensemble à jamais, ne jamais vivre ensemble? Une triangulaire entre LUI (Mathieu Bisson), ELLE (Chloé Lambert) et l'AUTRE (Aurélien Wiik). L'AUTRE est la première pièce de Florian Zeller.

    Après cinq ans de vie commune, Elle et Lui ne se reconnaissent plus. Eux qui croyaient pouvoir vivre ensemble, heureux à jamais, grâce aux règles qu'ils s'étaient fixées, les voilà rattrapés par le "conte moderne" de l'amour : ennui, silence, jalousie et infidélité rythment désormais le quotidien de leur couple. Faut-il, pour vivre ensemble à jamais, ne jamais vivre ensemble ?

    Chacun se retrouve face à sa solitude et face à cet Autre qui les accompagne, mais pour les mener où ? Oscar Wilde disait que le couple, c’est ne faire qu’un. Oui, mais lequel ? Et si c’était encore un autre ?

    Oscar Wilde disait : « le couple c’est ne faire qu’un. Oui, mais lequel ? ». Dans L’Autre, Florian Zeller, jeune écrivain prometteur, explore, avec sa première pièce de théâtre, la difficulté d’aimer au quotidien. Sur une trame littéralement surexploitée au théâtre, à savoir les relations entre un mari, une femme et son amant, l’auteur tisse un drame cruel et drôle au cours duquel on voit successivement les trois protagonistes s’aimer, conspirer et se déchirer. Les personnages sont interprétés avec conviction et beaucoup d’humour par les comédiens : Chloé Lambert et Aurélien Wiik forment un couple adultère aussi magnifique que sournois face à un mari solitaire et pathétique, incarné par Nicolas Vaude.

    Une toute petite salle dont le rideau s'ouvre sur une scène vide ou seul un lit design et pivotant fait office de point de repère. C'est la réalité qui lie ce trio troublant. Les répliques pointues de ZELLER sont celles que nous aimerions tous déclamer dans de pareilles situations de déséquilibre. Pleines d'humour pour que cela passe. L'auteur fait mouche et c'est le spectateur qui est touché..

  • "Le manège", la deuxieme pièce de Florian Zeller, au Petit Montparnasse

    Florian Zeller, déjà auteur à 25 ans de trois romans, livre cette saison à Paris une deuxième pièce, "Le manège", créée au Petit Montparnasse (21H), après une première pièce, "L'autre", créée à l'automne 2004 et toujours à l'affiche du Petit Mathurins avec une distribution renouvelée.

    Les deux oeuvres ont en commun de mettre en scène, dans un lieu unique autour d'un canapé, un couple dont le dramaturge complique à plaisir les relations, dans la droite ligne d'un Marivaux.

    Avec "L'autre", le couple est confronté à un troisième homme. Dans "Le manège", l'homme et la femme sont "tour à tour les amants qu'ils ont été, ceux qu'ils ne sont plus et ceux bien sûr qu'ils auraient voulu être", explique Florian Zeller.

    Quatre comédiens sont mis à contribution pour ce "Manège" : Nicolas Vaude (un des créateurs également de "L'autre" où il a cédé son rôle) et Marine Delterme, Nicolas Briançon et Anne Charrier.

    Le jeu de Nicolas Vaude dans "Le Menteur" de Corneille en 2002 au Théâtre Hébertot et la mise en scène de Nicolas Briançon pour cette pièce classique ont donné envie à Florian Zeller d'écrire pour le théâtre.

    "L'univers qu'ils avaient créé avec +Le menteur+, raconte-t-il, m'avait semblé alors être comme un écho à ce que je tentais d'approcher dans mes romans : un univers où l'ambiguité permanente rendait dangereux et incertain tout ce qu'elle touchait".

    Le personnage campé par Nicolas Vaude, comédien au jeu plein de fantaisie et énigmatique, se trouve dans l'impossiblité de comprendre ce qui lui arrive après sa rupture avec une femme qu'il aime toujours. A partir de cette situation, Florian Zeller a mis au point une série de situations qui entraînent le spectateur amusé dans un vrai labyrinthe où les comédiens sont interchangeables.

    Source: AFP@Voila>Actualité
    Site: http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_culture_050209095722.5n7ez6qs.html

  • Le manège est une histoire séduisante avec un ton à la fois grave et léger, qui possède une élégance proche de la littérature Anglaise de Pinter. Sous une intrigue banale, celle de Nicolas (Nicolas Vaude) qui s’invite et s’installe 'comme chez lui' chez une ex petite amie, la séduisante Marine Delterme. Nous invitant dans son confortable appartement ( décor raffiné de Pierre – Yves Leprince) , cet éternel adolescent revisite son passé. Refaisant le monde, allongé "confortablement" dans le canapé, il fait tourner un manège dont les chevaux de bois sont tour à tour les amants qu’ils ont été, ceux qu’ils ne sont plus et ceux qu’ils auraient voulu être. Cette réinterprétation romanesque du vécu crée chez le spectateur une ambiguïté permanente. Chaque phrase véhicule avec elle des contradictions, une distance et une violence contenue qui nous font rentrer dans le labyrinthe, celui de la reconstitution du vécu ou des possibles. On bascule petit à petit dans le non sens, dans notre incapacité à revisiter notre propre passé, l’intrigue tourne alors presque au cauchemar. Les personnages se croisent et s’inventent, prenant la place de l’autre, nous entraînant ainsi sur le manège de la vie et de l’amour. Sur ce canevas presque banal, l’auteur nous parle de façon profonde et gaie de la pérennité des couples, de la fragilité de nos amours, des coups de foudre, du temps, de nos mensonges et plus simplement de nos manières d’aimer.

  • La ronde des masques
    Le Manège De Florian Zeller, mise en scène de Nicolas Briançon, avec N. Vaude, N. Briançon, M. Delterme, A. Charrier. Théâtre du Petit Montparnasse (01.43.22.77.74).
    de Philippe Tesson


    C'est clair : avec Florian Zeller, on tient un auteur. L'Autre l'avait dit, le Manège le confirme. Non pas un auteur banal qu'une mode ferait apparaître et qu'une mode effacerait mais un auteur authentique avec son univers et avec son écriture.


    L'univers et l'écriture de Zeller sont indissociables, ce qui est à soi seul la marque d'une personnalité d'écrivain. Au vu des deux premières oeuvres théâtrales de ce jeune auteur, on distingue déjà et définitivement le sens de son ambitieuse démarche : arracher la vérité enfouie au plus profond des êtres. Mais cette vérité existe-t-elle ? La connaît-on, peut-on la connaître, la connaissons-nous nous-mêmes, savons-nous nous-mêmes ce que recouvrent les masques dont nous nous affublons, où est le fond du gouffre où nous entraînent nos mensonges, la ronde de nos mensonges, le manège de nos mensonges, dont les mots sont le moteur et l'instrument ? Et quel sens ont finalement ces mots-là, quel sens a le langage, toujours double, toujours multiple, masque lui-même derrière lequel se cachent calculs et intentions quand il n'est pas l'expression secrète et involontaire du subconscient ?


    Voilà ce que veut nous dire Zeller, et qu'il nous dit au moyen d'une écriture personnelle, instinctivement théâtrale, qui déjoue le piège du langage conventionnellement littéraire, une écriture tendue, économe, musicale. Pas de démonstration, une intrigue a minima, des personnages peu incarnés, quasiment abstraits, des figures en quelque sorte, mais pourtant très présents, vivants, contemporains, quotidiens, gais, tendres, drôles. De tout cela émane un charme adorable, qui ressemble à une profonde légèreté.


    Ce théâtre-là exige de l'acteur un travail particulièrement attentif. Il s'agit en effet de rendre lisible l'ineffable en évitant la plus légère outrance. Un jeu de signes. Marine Delterme, Anne Charrier et Nicolas Vaude s'y prêtent avec beaucoup de grâce, aux côtés de Nicolas Briançon, qui les dirige dans un lumineux décor de Pierre-Yves Leprince. La mise en scène de Briançon est d'une très grande habileté, juste un peu trop présente à notre goût, tant il est vrai qu'à ce théâtre diaphane convient la plus grande discrétion.


    Au Théâtre des Mathurins, l'Autre poursuit sa brillante carrière. Autour de la délicieuse Chloé Lambert, qui avait créé la pièce à l'automne dernier, deux jeunes excellents comédiens renouvellent l'affiche : Mathieu Bisson, en tension douloureuse, et Aurélien Wiik, sensuel et ambigu.

    Source: Le Figaro Magazine
    Auteur: Philippe Tesson

  • La ronde des mensonges


    La deuxième pièce d'un jeune homme doué, déjà couronné par le prix Interallié, qui tisse avec habileté la trame d'un marivaudage contemporain élégant. Petit Montparnasse, 01.43.22.77.74


    Avec Nicolas Vaude, Nicolas Briançon, Marine Delterme et Anne Charrier

    Nicolas a demandé à son ancienne petite amie de l'héberger pour un soir, et voilà huit jours qu'il continue de squatter son canapé, qu'il ne quitte pas plus, d'ailleurs, dans la journée que la nuit. Mais la belle s'apprête à dîner avec un nouvel amoureux, Stephane, qu'elle espère bien ramener chez elle, et cette fois Nicolas doit vider les lieux. Rien à faire. Nicolas s'incruste, évoque le passé, la première rencontre, tour à tour sentimental et cinglant... C'est qu'il est lui-même en train de faire une nouvelle conquête, mais qu'il a, pour ce faire, menti en affirmant, lui le modeste disquaire, logé dans une vulgaire chambre de bonne, qu'il était diplomate, de passage à Paris mais en mission à New-York. Contraint de se cacher quand il est censé être reparti outre-Atlantique, il doit pouvoir montrer un bel appartement quand il annonce son retour imprévu. D'où son obstination à ne pas bouger...


    Florian Zeller n'a guère plus de vingt-cinq ans et ce « Manège » très enlevé est, déjà, sa deuxième pièce. La première, « L'Autre » (toujours à l'affiche aux Petits Mathurins) dansait déjà sur le fil de la trahison amoureuse, en opposant deux garçons face à une fille autour d'un grand canapé-lit rouge. Même décor ou presque, mêmes personnages ou presque (ils ont l'âge de l'auteur, ils sont très préoccupés par leurs sentiments), à la fois légèrement cyniques et un peu naïfs, et même charme. Cet auteur doué, hâtivement couronné, cet automne, par un prix Interallié un peu excessif (pour « La Fascination du pire »), semble décidément plutôt à l'aise au théâtre, où il a, à nouveau, la chance d'être interprété par des comédiens parfaitement assortis au ton mi-Musset mi-Pinter...



    Un quatuor de grand charme
    « Manège », qui ajoute au piment des dialogues le léger vertige d'un jeu subtil de glissements d'identité des deux couples (chaque personnage devient, au fil de la pièce, celui d'en face, sans que l'on sache tout à fait s'ils sont vraiment quatre ou si les deux premiers ne font que rêver les deux autres), est ainsi joué par un quatuor de grand charme mené par Nicolas Vaude, à la fois odieux et délicieux, et Nicolas Briançon, qui signe, aussi, la mise en scène (après notamment celle des « Directeurs » au Poche Montparnasse). Les deux femmes, Marine Delterme et Anne Charrier, leur donnent la réplique avec malice. Le tout ne va pas bien loin mais on sort de là le sourire aux lèvres, et c'est déjà beaucoup !

    Source: Les Echos
    Site: http://www.lesechos.fr/info/rew_loisirs/4227680.htm

  • Sur Le Manège, de Zeller, les spectateurs sont enchantés
    Florian Zeller (25 ans, trois romans et l’Interallié pour La Fascination du pire), présente cette saison sa deuxième pièce, Le Manège, au Petit Montparnasse, après L’Autre, créé à l’automne 2004 et toujours à l’affiche des Petits Mathurins.

    Tous les connaisseurs (dont Philippe Tesson) le disent : Florian Zeller est un auteur de théâtre prometteur en plus d’être un romancier. Dont acte. Son Manège est une construction autour du mensonge fondé sur deux phrases ambiguës : “Fais comme chez toi” et “rencontré par hasard”. Un couple qui se sépare et dont le garçon (Nicolas) n’arrive pas à quitter l’appartement de son ex-compagne illustre la première expression. Puis Nicolas rencontre Stéphane, le nouvel ami de son ex, et ils nous invitent à réfléchir sur le hasard qui fait se former les couples. Deux hommes, deux femmes, quelques mensonges : c’était lui (ou elle), mais c’aurait pu être un(e) autre.

    La trame est posée. Le fil se déroule. La mise en scène de Nicolas Briançon noue solidement les fils. Il paraît que l’auteur a eu envie d’écrire cette pièce en voyant Nicolas Vaude dans Le Menteur, de Corneille, en 2002 au Théâtre Hébertot, mis en scène par Nicolas Briançon. Les deux Nicolas se retouvent ici (Nicolas Vaude avait d’ailleurs créé L’Autre) et échangent leurs rôles avec un plaisir non dissimulé ; leur talent, qui porte la pièce, enthousiasme le public.

  • Bonsoir, je souhaitais vous annoncer que j'ai écrit un petit compte rendu sur les deux premiers romans de Florian Zeller :

    leviolondingres.hautetfort.com.

    En attente de vos impressions.

  • Au premier degré, il y a le mensonge de confort qui, par souci de crédibilité, va devoir se complexifier au point de faire évoluer les personnages vers un jeu de dupes!...

    Au second degré, ce sera le jeu de rôles qui prendra la relève pour faire de la substitution et de la translation des altérités l'essence même de la relation humaine et notamment amoureuse!...

    Enfin dans un troisième temps, celui sans doute d'un improbable état de grâce, ce sera l'identité de l'être qui sera mise en question pour une reconstruction éventuelle de l'autre soi-même!...

    Voici en quelque sorte cet essai de phénoménologie théâtrale que pourrait proposer le jeune auteur Florian Zeller, tel un tour de manège enivrant la conscience!...

    Au demeurant l'essai est fort bien transformé en partie de cache-cache masquée par Nicolas Briançon qui mise l'enjeu existentiel sur des scènes davantage fantasques que transcendantales!...

    Ce qui permet aux quatre comédien(ne)s (Marine Delterme, Anne Charrier, Nicolas Vaude & Nicolas Briançon) d'être les équilibristes patentés de l'auteur jonglant entre une dialectique de la conscience et un intimisme psychologique!...

    Certes le risque de cette valse hésitation est de perdre l'attention en égarant l'intention, mais le contre-pied au consensus restant une valeur rare, ce manège offre une indéniable opportunité à ouvrir le cercle des certitudes!...

  • L'autre pièce de Florian Zeller

    Patrick Besson

    D'abord, la salle est bien. Le Petit Montparnasse, 31, rue de la Gaîté (01.43.22.77.30). Des gradins à l'antique, tout neufs. Et puis dors ! Ce que j'aime, dans le théâtre, c'est que je n'y vais presque jamais, du coup je me souviens de toutes les pièces auxquelles j'assiste. En cinq ans, j'ai vu cinq pièces et deux cent soixante films. Mais les films aussi, je me les rappelle tous. Il n'y a que les livres que j'oublie, sauf ceux que j'ai lus à Nice, à Belgrade, à Chypre, à Ibiza ou à Sörmjöle (Suède). Ce dont on se souvient le mieux, c'est le déplacement, peut-être parce qu'il est pénible. Même une sortie me semble un voyage, tellement je n'aime pas bouger. L'autre soir, rue de la Gaîté, je me disais en regardant la foule : ces gens seraient mieux chez eux. La nuit était tombée et il faisait un froid de connard !


    « Le manège » est la seconde pièce de Florian Zeller, prix Interallié 2004 pour « La fascination du pire », chez Flammarion. Vous savez, cet éditeur accusé d'antisémitisme pour un livre que personne n'a lu : « Pogrom », d'Eric Bénier-Bürckel. Maintenant, on va le lire ! Pauvre Beigbeder, comme s'il avait besoin de ça en ce moment, avec son divorce... d'avec Michel Houellebecq ! Au printemps 1954, la publication, toujours chez Flammarion, des « Libres propos » d'Adolf Hitler (recueillis par Martin Bormann, 2 volumes) n'avait pas posé tant de problèmes.

    Florian Zeller, je travaille avec lui à TF1. De nuit, en plus, puisque c'est dans l'émission littéraire de Patrick Poivre d'Arvor, un mardi sur deux à 1 heure du matin. Le programmateur de la chaîne a pris le titre de l'émission au pied de la lettre : « Vol de nuit ». J'ai compté que si, à 15 ans, j'avais eu un enfant qui aurait eu un enfant à 15 ans, Florian pourrait presque être mon petit-fils. J'avais adoré son deuxième roman : « Les amants du n'importe quoi », encore chez Flammarion. Il vient de ressortir en collection de poche. Ma femme l'a lu dans l'avion de New York, quand elle est allée voir les portes de Christo dans Central Park. Un million de visiteurs en un week-end. Il n'y a plus que les manifestations culturelles pour être capables de regrouper autant de monde. Seule la bourgeoisie se rassemble : devant les musées. Les masses sont devenues des masses de visiteurs.

    Je me rends compte que je suis en train d'avoir l'air du type qui fait tout pour éviter de parler de la pièce de son copain. Je crois qu'au fond je n'aime pas la critique. Ces gens qui nous mâchent la nourriture avant qu'on ne l'avale, c'est dégoûtant. Comme cette ancienne fiancée de mon frère qui, à Montreuil, se tartinait du pâté sur le doigt. Elle s'appelait Andrée. L'avantage, quand on est critique, c'est qu'on ne lit pas les critiques, puisqu'on les a écrites. Musset chez Pirandello : « Le manège » est un chassé-croisé du dépit amoureux. La pièce s'ouvre sur un type qui tape l'incruste chez une ex. C'est Nicolas Vaude. Je l'avais vu dans « Le menteur », au théâtre Hébertot, il y a deux ou trois ans. Je m'en souviens ! Ici, il joue un mytho. Enfin, au début, on croit que c'est un mytho, et puis on se rend compte que c'est un salaud, avant de comprendre qu'il a eu le coeur brisé, comme tous les salauds. Le mieux, pour ne pas devenir un salaud, c'est de ne pas avoir de coeur. « Le manège » commence comme une comédie de boulevard Montparnasse, mais bien vite les doutes et les hantises de Florian en font une trouble et passionnante partie d'échecs. Marine Delterme marche avec détermination dans la tête de son fiancé. Il y a du Rohmer et un peu de Splendid. On entend aussi passer Duras. C'est un spectacle sensible et heureux, mis en scène par Nicolas Briançon et éclairé par Gaëlle de Malglaive. Et je ne dis pas ça parce que c'est lui, mais parce que c'est moi.

    Source: Le Point
    Site: http://www.lepoint.fr/spectacles/document.html?did=160012

  • Info pour le webmaster :
    Le manège c'est fini ... depuis semaine derniere. L'autre continue encore quelques semaines.
    Merci aux filles pour l'info video! ^_^
    ciao. fé bo a paris ?

  • Merci Sophie...

  • J'ai vu un bout d'une émission musicale sur France 3 il y a quelques jours; Florian y était l'invité principal et il y faisait la promotion, entre autres, de L'Autre.

    Il semblerait donc que la pièce se joue encore...

  • ... et du Manège: je me suis trompée de pièce dans mon commentaire précédent. Je reprends. Il semblerait donc que Le Manège se joue encore.

  • Peut etre qu'il s'agissait d'une rediffusion...

  • Pour parler de la pièce,
    Surtout, ne rien relire des critiques et rester sur quelque chose de physique, qui sera sans doute le plus vrai.
    Parler de l'empreinte laissée par le texte et le jeu.
    Le titre d'abord : je l'avais oublié ! c'est "le manège", et je comprends enfin pourquoi, en fin de spectacle, ma tête tournait…
    Le démarrage de la pièce m'a inquiétée : quelle est cette quotidienneté, tant détestée, à laquelle je suis conviée ? Qu'est-ce que je fais là ? ça va être affreux… et puis, une dynamique s'est mise en route, grâce à la mise en scène je crois : il fallait débuter de rien pour qu'un mouvement puisse s'enclencher, s'accélérer et se poursuivre en un tourbillon, comme une vis sans fin.
    Donc, c'est vrai, j'ai douté au début… Vite rassurée dans les minutes suivantes pour comprendre, de plus en plus précisément, la nécessité de ce départ inquiétant de prosaïsme, le décor moderne participant largement à cette inquiétude.
    Je venais écouter un auteur ; c'était oublier que l'auteur a écrit pour être joué et la démonstration a été faite de la force d'une mise en scène explicitant le texte, le renforçant, le mettant en lumière et ajoutant du sens.
    Ainsi, les costumes très semblables pour les uns et les autres, mais un peu différents tout de même, avec subtilité, nous indiquent rapidement que les personnages sont interchangeables. De la même manière, l'apparition très adroite de "doubles" masculin et féminin au début de la pièce dessine ce que sera le propos : au-delà de nos vêtements, de nos comportements, de nos mots, qui trouve-t-on ? Qui est "Je" ? Vivre, est-ce jouer un rôle ? Et puis en changer ? Rien n'est-il donc vrai ? Que vaut ce que je dis, ce que je fais ?
    Moments intenses que sont la survenue de la femme, dans le miroir, de l'homme, sur le canapé… Le spectateur réalise qu'il va être question d'identité, de conscience, d'existence vraisemblablement et de son inanité. Qui est "Je" ?
    L'auteur insiste : ses personnages fabulent pour être plus crédibles, s'accrochent à un imaginaire, multiplient les supputations… Le résultat importe peu pour eux : il suffit de se défroquer pour apparaître ailleurs, un peu les mêmes, mais pas vraiment, et pourtant dans des situations différentes. Tout peut se rejouer, à l'infini semble-t-il. Et nos têtes tournent…
    Et enfin, la pièce est terminée et la preuve est faite : un tour complet a été réalisé, les personnages sont revenus dans leurs places initiales, comme s'il ne s'était rien passé. Restent pourtant pour le spectateur une certaine douleur et une sorte d'hébétude. "Qui suis-je ? " , pense-t-il.

Les commentaires sont fermés.