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  • Si tu mourais... L'avant-scène thèatre

    Ca y est, la première de "Si tu mourais" a eu lieu vendredi dernier...

    Je viens de recevoir un email de L'avant-scène théatre qui édite les textes de la pièce.

    Voici les informations qui m'ont été délivrées:

    medium_Si_tu_mourais_FZ.JPGRÉSUMÉ : Pierre est décédé dans un accident de voiture. En
    voulant mettre de l’ordre dans ses papiers, Anne, sa veuve,
    découvre des notes prises pour l’écriture d’une prochaine
    pièce. Il y est question d’un homme marié, écrivain, tombé
    passionnément amoureux d’une jeune actrice. Anne se
    persuade bientôt que le texte raconte l’infidélité de Pierre
    et se met en quête de cette femme, sans parvenir davantage
    à démêler l’illusion de la réalité : est-ce la douleur qui
    l’égare ? ou a-t-elle enfin ouvert les yeux ?
    . Portée par la puissance de grands acteurs (Catherine Frot,
    Robin Renucci, Bruno Putzulu et Chloé Lambert), la pièce de
    Florian Zeller distille l’incertitude et brouille habilement les
    frontières du réel et du mensonge... Troublant et envoûtant.
    Au sommaire de ce numéro de L’avant-scène théâtre
    . L’affiche du spectacle, faite de précieuses biographies de l’auteur, des metteurs en scène,
    des comédiens et de l’équipe artistique
    . Un riche cahier de photographies de la mise en scène
    . Le texte intégral de la pièce
    . Un dossier illustré permet de croiser de vive voix les expériences de Michel Fagadau, le
    metteur en scène, au parcours déjà étoffé de Florian Zeller. Émilie Grangeray, journaliste
    au Monde, dresse le portrait sensible de celui-ci et Jean-Pierre de Beaumarchais revient sur
    cette généalogie de romanciers qui ont cédé aux charmes du théâtre...
    . Le cahier d’actualité aborde la question des nouveaux directeurs de théâtres publics, fait le
    portrait de deux auteurs incontournables de la saison : Emmanuelle Marie et Wajdi Mouawad,
    et propose une enquête sur l’économie des théâtres privés et un panorama du théâtre jeunesse.

  • Florian Zeller invente un héros picaresque

    C'est en tout cas ce que titre La Tribune de Genève.

     

    Avec «Julien Parme», l’écrivain signe un quatrième roman jouissif.

    Pascal Gavillet
    Publié le 04 septembre 2006

    De la réussite, de bonnes critiques, des ventes qui suivent, une gueule d'ange, des poses de néoromantique assumées, et le Prix Interallié en 2004: certains ont tout pour plaire. Ou pour déplaire, c'est selon. Florian Zeller était de ceux-là. Pourquoi était? Parce que jusqu'alors, sa plume, son style, son écriture, malgré des qualités, n'avaient pas encore fait la différence. Après trois romans «intéressants» (Neiges artificielles, Les Amants du n'importe quoi et le relativement prometteur La Fascination du pire), autant de pièces, de nombreux et dispensables passages télé, et un succès plus que d'estime, son nouveau livre se charge de nous délester de tous ces a priori tenaces qui subsistaient.

    Une quête impossible

    Pour faire simple, Julien Parme est le récit, à la première personne, d'une errance. Celle d'un ado de 14 ans qui essaie d'aller à une soirée pour y retrouver une fille, mais qui n'a pas l'autorisation de sortir, qui brave l'interdiction, ne sait pas où a lieu la fête, n'arrive pas à joindre le pote qui le sait, puis tombe par hasard sur une de ses profs, etc. Il y a dans ce roman un je-ne-sais-quoi de kafkaïen. Une tendance au surréalisme. Mais pas celui de Breton ou d'Artaud. Celui de Florian Zeller et de son héros au patronyme stendhalien (sans doute pas innocemment choisi, souvenons-nous de la fin de La Chartreuse de Parme) qui semble quêter un idéal inatteignable, tel l'arpenteur du Château de Kafka.

    Héros désinvolte, par instants agaçant, pas tout à fait branché, ni complètement terminé, du moins sexuellement, Julien Parme n'entre en tout cas pas dans les normes usuelles des récits habituels. Tant mieux! Mais le charme du livre vient aussi d'un humour - lorgnant peut-être inconsciemment vers le Pinget de Quelqu'un ou le Bourbon Busset du Lion bat la campagne - mordant, grinçant, désespéré, détaché. Mais sans ce cynisme parisien (parisianiste?) qui entretient encore l'illusion de faire la loi dans un milieu littéraire truffé d'imposteurs et de poseurs sans envergure. De toute évidence, Florian Zeller n'est pas comme eux.

    Son apparente facilité pour l'écriture, si elle peut prêter à la confusion - encore qu'elle soit loin d'être prouvée -, débouche ici sur un roman à la fois jubilatoire et incisif, les deux n'allant pas invariablement de pair. Mélangeant gravité et légèreté, Julien Parme aurait même les atours d'un authentique héros picaresque dans une littérature française qui en est bizarrement avare, et ceci à peu près depuis le Gil Blas de Santillane de Lesage (1868-1747). Et si le roman s'ouvre avec un exergue du Don Quichotte de Cervantès, ce n'est évidemment pas fortuit. Héraut des temps modernes, Florian Zeller en a déjà le panache. C'est décidément trop pour un seul homme!

    «Julien Parme», de Florian Zeller, Flammarion, 302 p.