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  • Article de l'Express sur la Fascination du Pire

    Zeller et la manière

    par Marie Zawisza

     Mêlant fiction et réalité, un drôle de jeu de pistes sur la création littéraire

    Le troisième roman de Florian Zeller est de ceux dont on ne saisit le sens que dans les dernières pages. On croit avoir lu une histoire banale, sans grand intérêt - et sans style - celle d'un jeune homme qui recherche au Caire l'Orient érotique de Flaubert; il n'y trouve que frustration sexuelle et conclut que c'est à cause du jihad. Il rentre à Paris. Là, coup de théâtre: il reçoit un manuscrit dont le titre est celui de son propre roman, La Fascination du pire. Il résume, à quelques détails près, ce qu'on vient de lire, et en fait une critique lucide et sévère. Mais qui raconte? Qui écrit?

    Dès lors, les frontières entre auteur et narrateur, entre fiction et réalité, se brouillent. Du coup, on se souvient de l'avertissement au lecteur: «Ce livre est une fiction: la plupart de ce qui y est dit est faux; le reste, par définition, ne l'est pas non plus.» Dans La Fascination du pire, le roman n'est que prétexte à une réflexion littéraire et politique. La question est alors relancée, qui nous ramène à l'avertissement de la première page: qu'est-ce qu'une fiction?