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L'actualité de Florian ZELLER - Page 7

  • The Fascination of Evil, by Florian Zeller

    Voici un article de the Independent sur Florrian ZELLER.

    At just 26, Florian Zeller is one of the hottest literary talents in France. A playwright and journalist who lectures at the University of Political Science in Paris, he is about to publish his fourth novel; this is his third, and the second to be translated into English. A great admirer of Milan Kundera, Zeller adopts the Czech novelist's method - a spare, lean narrative in which characters are placed in testing situations, interspersed with philosophical disquisitions and dream-like episodes - to address one of the most pressing issues today: the relationship between Islam and the West.

    His lucid style, admirably served in this translation by Sue Dyson, and topical subject matter helped the book to sell more than 70,000 copies in France, and won its author the Prix Interallié; the Dutch translation became a bestseller after the murder of the film-maker Theo van Gogh in November 2004. The French title, La Fascination du pire, could perhaps be better translated as "Expecting the Worst".

    The unnamed narrator, a young writer who may or may not be Zeller himself, is always imagining the worst-case scenario. Invited to a book fair in Cairo, he is joined by a fellow author, Martin Millet, who may or may not be Michel Houellebecq , the controversial French novelist prosecuted for inciting racial hatred in his 2001 novel Platforme. Aboard the plane, Millet picks a quarrel with a Saudi passenger who wants to change seats because he does not wish his wife to sit next to a Western man. The anxious narrator is already thinking of the possibility of a crash, when the Muslim passengers all stand up at once. Both he and Millet jump to the same conclusion, but it is actually time for prayer.

    Armed with a copy of Flaubert's correspondence, Millet is determined to recreate the 19th-century author's sexual penetration of the Orient. His first question to their bemused guide from the embassy is, "Can a Westerner pick up an Egyptian girl?" He offends his hosts with his views on Islam, and drags the narrator on a comically futile odyssey through the night clubs of Cairo in search of an Egyptian woman who will have sex with him.

    It is no accident that Zeller has made his shock-jock novelist a Francophone Swiss; the embattled defender of French civilisation hails from one of its outposts, just as the real-life Houellebecq was born in Réunion. At the bottom of Millet's sexual and cultural aggression lie insecurity and self-loathing. When he is given the brush-off by two women in the hotel bar, the narrator sees "something very menacing in his eyes, a kind of hatred... directed not against those two girls in particular, but against the whole of humanity, and at that moment I thought I glimpsed the man he truly was, and it frightened me."

    Millet's crisis is heightened by the appearance of Lamia, an enigmatic French Muslim journalist who may or may not be the haughty beauty who rejected him while he was still a schoolboy. When Millet fails to turn up for an engagement, the narrator again fears the worst.

    Embedded in the heart of the novel, the story of the unloved schoolgirl Astrid Grégoire examines the relationship between market forces and sexual liberation, a theme explored in Zeller's previous novel Lovers or Something Like it (Les Amants du n'importe quoi). In a society in which sexuality has become a commodity, the unattractive and the sexually gauche, like Martin and Astrid, lose out. Far from abolishing sexual frustration, Western freedom has intensified it.

    The narrator observes that the Islamic world has a great tradition of poetry, but little fiction. The novel is a part of the process of individuation, and thus characteristic of the West. Its birth is simultaneous with the birth of the modern world, and a response to it. "This European art," he says, quoting Kundera, "is by definition incompatible with all religious thinking: for by its essence it is a kind of profanation."

    Despite the inevitable comparisons made in the French press to Houellebecq, Zeller's novel is not an critique of Islam, but rather a nuanced examination of the fault lines where an intransigent Western sensibility meets an intransigent Muslim one. Yet it offers cold comfort for anyone on either side of the debate who believes that understanding can be fostered by self-censorship and emollient platitudes about respecting other cultures.

     

  • Article de l'Express sur la Fascination du Pire

    Zeller et la manière

    par Marie Zawisza

     Mêlant fiction et réalité, un drôle de jeu de pistes sur la création littéraire

    Le troisième roman de Florian Zeller est de ceux dont on ne saisit le sens que dans les dernières pages. On croit avoir lu une histoire banale, sans grand intérêt - et sans style - celle d'un jeune homme qui recherche au Caire l'Orient érotique de Flaubert; il n'y trouve que frustration sexuelle et conclut que c'est à cause du jihad. Il rentre à Paris. Là, coup de théâtre: il reçoit un manuscrit dont le titre est celui de son propre roman, La Fascination du pire. Il résume, à quelques détails près, ce qu'on vient de lire, et en fait une critique lucide et sévère. Mais qui raconte? Qui écrit?

    Dès lors, les frontières entre auteur et narrateur, entre fiction et réalité, se brouillent. Du coup, on se souvient de l'avertissement au lecteur: «Ce livre est une fiction: la plupart de ce qui y est dit est faux; le reste, par définition, ne l'est pas non plus.» Dans La Fascination du pire, le roman n'est que prétexte à une réflexion littéraire et politique. La question est alors relancée, qui nous ramène à l'avertissement de la première page: qu'est-ce qu'une fiction?

  • Si tu mourais... L'avant-scène thèatre

    Ca y est, la première de "Si tu mourais" a eu lieu vendredi dernier...

    Je viens de recevoir un email de L'avant-scène théatre qui édite les textes de la pièce.

    Voici les informations qui m'ont été délivrées:

    medium_Si_tu_mourais_FZ.JPGRÉSUMÉ : Pierre est décédé dans un accident de voiture. En
    voulant mettre de l’ordre dans ses papiers, Anne, sa veuve,
    découvre des notes prises pour l’écriture d’une prochaine
    pièce. Il y est question d’un homme marié, écrivain, tombé
    passionnément amoureux d’une jeune actrice. Anne se
    persuade bientôt que le texte raconte l’infidélité de Pierre
    et se met en quête de cette femme, sans parvenir davantage
    à démêler l’illusion de la réalité : est-ce la douleur qui
    l’égare ? ou a-t-elle enfin ouvert les yeux ?
    . Portée par la puissance de grands acteurs (Catherine Frot,
    Robin Renucci, Bruno Putzulu et Chloé Lambert), la pièce de
    Florian Zeller distille l’incertitude et brouille habilement les
    frontières du réel et du mensonge... Troublant et envoûtant.
    Au sommaire de ce numéro de L’avant-scène théâtre
    . L’affiche du spectacle, faite de précieuses biographies de l’auteur, des metteurs en scène,
    des comédiens et de l’équipe artistique
    . Un riche cahier de photographies de la mise en scène
    . Le texte intégral de la pièce
    . Un dossier illustré permet de croiser de vive voix les expériences de Michel Fagadau, le
    metteur en scène, au parcours déjà étoffé de Florian Zeller. Émilie Grangeray, journaliste
    au Monde, dresse le portrait sensible de celui-ci et Jean-Pierre de Beaumarchais revient sur
    cette généalogie de romanciers qui ont cédé aux charmes du théâtre...
    . Le cahier d’actualité aborde la question des nouveaux directeurs de théâtres publics, fait le
    portrait de deux auteurs incontournables de la saison : Emmanuelle Marie et Wajdi Mouawad,
    et propose une enquête sur l’économie des théâtres privés et un panorama du théâtre jeunesse.

  • Florian Zeller invente un héros picaresque

    C'est en tout cas ce que titre La Tribune de Genève.

     

    Avec «Julien Parme», l’écrivain signe un quatrième roman jouissif.

    Pascal Gavillet
    Publié le 04 septembre 2006

    De la réussite, de bonnes critiques, des ventes qui suivent, une gueule d'ange, des poses de néoromantique assumées, et le Prix Interallié en 2004: certains ont tout pour plaire. Ou pour déplaire, c'est selon. Florian Zeller était de ceux-là. Pourquoi était? Parce que jusqu'alors, sa plume, son style, son écriture, malgré des qualités, n'avaient pas encore fait la différence. Après trois romans «intéressants» (Neiges artificielles, Les Amants du n'importe quoi et le relativement prometteur La Fascination du pire), autant de pièces, de nombreux et dispensables passages télé, et un succès plus que d'estime, son nouveau livre se charge de nous délester de tous ces a priori tenaces qui subsistaient.

    Une quête impossible

    Pour faire simple, Julien Parme est le récit, à la première personne, d'une errance. Celle d'un ado de 14 ans qui essaie d'aller à une soirée pour y retrouver une fille, mais qui n'a pas l'autorisation de sortir, qui brave l'interdiction, ne sait pas où a lieu la fête, n'arrive pas à joindre le pote qui le sait, puis tombe par hasard sur une de ses profs, etc. Il y a dans ce roman un je-ne-sais-quoi de kafkaïen. Une tendance au surréalisme. Mais pas celui de Breton ou d'Artaud. Celui de Florian Zeller et de son héros au patronyme stendhalien (sans doute pas innocemment choisi, souvenons-nous de la fin de La Chartreuse de Parme) qui semble quêter un idéal inatteignable, tel l'arpenteur du Château de Kafka.

    Héros désinvolte, par instants agaçant, pas tout à fait branché, ni complètement terminé, du moins sexuellement, Julien Parme n'entre en tout cas pas dans les normes usuelles des récits habituels. Tant mieux! Mais le charme du livre vient aussi d'un humour - lorgnant peut-être inconsciemment vers le Pinget de Quelqu'un ou le Bourbon Busset du Lion bat la campagne - mordant, grinçant, désespéré, détaché. Mais sans ce cynisme parisien (parisianiste?) qui entretient encore l'illusion de faire la loi dans un milieu littéraire truffé d'imposteurs et de poseurs sans envergure. De toute évidence, Florian Zeller n'est pas comme eux.

    Son apparente facilité pour l'écriture, si elle peut prêter à la confusion - encore qu'elle soit loin d'être prouvée -, débouche ici sur un roman à la fois jubilatoire et incisif, les deux n'allant pas invariablement de pair. Mélangeant gravité et légèreté, Julien Parme aurait même les atours d'un authentique héros picaresque dans une littérature française qui en est bizarrement avare, et ceci à peu près depuis le Gil Blas de Santillane de Lesage (1868-1747). Et si le roman s'ouvre avec un exergue du Don Quichotte de Cervantès, ce n'est évidemment pas fortuit. Héraut des temps modernes, Florian Zeller en a déjà le panache. C'est décidément trop pour un seul homme!

    «Julien Parme», de Florian Zeller, Flammarion, 302 p.
  • Florian Zeller : Un petit Don Quichotte à Paris

     Voici un article sur Florian ZELLER réalisé par LEPOINT.

    Un adolescent fugue et se rêve grand écrivain, grand séducteur. L'épopée, les émotions et les postures d'un gamin, ou Florian Zeller (27 ans) sur les pas de Salinger.

    Guillaume Chérel

    Dans le hit-parade des nouvelles coque-luches du Tout-Paris littéraire - vous savez, ces jeunes et beaux écrivains au look de figures de mode, tels Nicolas Fargues, Olivier Adam ou Nicolas Rey, qui font tourner la tête des lecteurs et journalistes... -, il convient désormais de placer un jeune homme de 27 ans, Florian Zeller.

    Pourtant, qui aurait parié sur lui, lorsqu'il a débarqué, au début du XXIe siècle, à Saint-Germain-des-Prés, avec sa jolie petite gueule à la James Dean, sur la pointe des pieds ? Sans le clamer sur tous les toits, comme la plupart de ses collègues et « rivaux », qui l'envient aujourd'hui, il ne parade pas dans les médias. Il travaille. Mène sa barque. Tel Rastignac, Zeller décrète intérieurement qu'il sera... J.M.G. Le Clézio (Prix Renaudot à 23 ans), ou rien.

    A 22 ans, il publie son premier roman, « Neiges artificielles » (Flammarion, 2002) et reçoit le prix de la fondation Hachette.

    Il écrit ensuite « Les amants du n'importe quoi » (Flammarion, 2003) et reçoit le prix Interallié 2004 pour « La fascination du pire ». Tout en prenant le temps de pondre deux pièces de théâtre (« L'autre » et « Le manège »), de donner des cours de littérature à Sciences po... et de séduire l'une des plus jolies et prometteuses comédiennes françaises, Marine Delterme.

    Vous croyez qu'il se repose sur ses lauriers ? Que nenni ! Ce jeune surdoué ne dort pas la nuit, c'est pour ça qu'il est blême. Le revoici déjà avec « Julien Parme », son quatrième roman, et il prépare une nouvelle pièce de théâtre pour la rentrée. Florian Zeller n'est déjà plus un « jeune écrivain » prometteur. C'est une fulgurance qui dure. A ce rythme, on se demande où il va s'arrêter : Goncourt à 30 ans ? Nobel à 50 ! Immortel à 60... et canonisé avant son dernier souffle.

    « Julien Parme » raconte la fugue d'un adolescent de 14 ans, une nuit à Paris. C'est lui le narrateur. Comme dans « L'attrape-coeurs », de J. D. Salinger, Zeller a su retrouver le ton faussement assuré de l'âge ingrat. Il nous fait part de ses émotions. De ses soucis. De ses premières postures : j'aime ceci, je déteste cela, na ! Raconter son histoire (banale) est inutile (papa est mort, il pense que maman ne l'aime pas, n'aime pas son beau-père mais aime une fille...). Il est question ici de style. De manière d'écrire. Ce livre aurait pu être le premier roman de Florian Zeller, pour son aspect « jeuniste ». Sauf que l'apprenti écrivain est devenu un auteur de théâtre entre-temps. Ça se sent. Ça s'entend. Sa voix est libérée. La plume coule. Il s'est lâché, comme on dit. Et use avec justesse du langage parlé. Ce n'est pas si facile à réussir que ça en a l'air. Il faut que ça coule... Question de rythme.

    Julien Parme rêve d'être écrivain. Il se prend pour l'auteur de « Voyage au bout de la nuit » et de « Cent ans de solitude »... S'imagine signer des dédicaces à tour de bras... et même séduire sa prof de français. Il est un peu con, en fait... C'est ça qui est drôle. Zeller montre qu'il a de l'humour. Bref, il n'a pas pris la grosse tête. Les jeunes gens et jeunes filles vont adorer. Et la coupe de cheveux comme l'allure de l'auteur n'y seront pour rien

    « Julien Parme », de Florian Zeller (Flammarion, 300 pages, 17 E).

     

    © le point 24/08/06 - N°1771 - Page 81 - 561 mots